Non, il n’y a pas qu’un aéroport à Beauvais !

D’un œil extérieur, Beauvais, c’est cette terra incognita touristique qui donne juste son nom et un bout de son territoire à l’aéroport low-cost préféré des Parisiens et des Hauts-de-Français (il n’y a pas de gentilé officiel alors j’invente). Pourtant, la ville n’est pas avare en points d’intérêts. La préfecture de l’Oise, idéalement située, se prête facilement à une escapade d’un jour depuis la région parisienne, Amiens ou Rouen.

Voici les trois lieux à ne pas manquer s’il vous venait l’envie de visiter Beauvais le temps d’une journée.

La cathédrale Saint-Pierre

Le monument le plus célèbre de Beauvais est immanquable dans tous les sens du terme. Visible à des kilomètres à la ronde malgré sa position en plein milieu d’une cuvette, la cathédrale est LE lieu incontournable à visiter. S’il n’y avait qu’un seul mot pour qualifier l’édifice, ce serait atypique. Joyau gothique jamais terminé, sans flèche ni nef mais avec des restes de la cathédrale primitive d’époque carolingienne, Saint-Pierre de Beauvais affiche un look surprenant. 

De la Basse-Œuvre, l’édifice originel dont il ne reste que trois travées, vous ne verrez que l’extérieur puisqu’elle n’est que très rarement ouverte à la visite. En revanche, l’intérieur de la Haute-Œuvre, nom que l’on donne à la partie gothique, mérite à lui seul d’y consacrer un peu de temps, ne serait-ce que pour admirer les dimensions impressionnantes de la voûte du chœur. Avec 48,5 mètres de hauteur, le chœur atteint des sommets au point de constituer un record mondial pour un édifice gothique.

D’ailleurs, ses dimensions insolites auront valu à Saint-Pierre de Beauvais quelques vicissitudes dont l’œil aguerri peut encore apercevoir les traces. L’effondrement des voûtes du chœur au XIIIe siècle et de la flèche au XVIe siècle ont contraint les architectes à retoucher à l’édifice, ici en doublant les arcs pour mieux répartir les forces et là en reconstruisant les parties de piliers endommagés en suivant les canons d’un nouveau style architectural.

Il ne faut pas sortir de la cathédrale sans avoir vu l’horloge astronomique, un bijou de style romano-byzantin signé Lucien-Auguste Vérité. Là encore, les chiffres impressionnent : un puzzle de 90 000 pièces, 12 mètres de haut, 53 cadrans et 63 automates qui s’animent toutes les heures (un peu moins hors saison) pour faire revivre aux spectateurs la scène du Jugement dernier (compter 5 euros pour assister au spectacle de 25 minutes). A deux pas, une horloge de dimension plus modeste n’en demeure pas moins exceptionnelle, puisqu’il s’agit de la plus ancienne horloge médiévale à carillon encore en état de marche.

Pour en savoir plus : www.cathedrale-beauvais.fr

Le Mudo (Musée départemental de l’Oise)

En sortant de la cathédrale, un petit coup d’œil vers la droite vous mènera tout droit aux deux tours fortifiées qui annoncent le Mudo. Derrière cette entrée peu avenante, souvenir d’un évêque qui se méfiait de ses ouailles comme de la peste, se trouve l’ancien palais épiscopal d’époque Renaissance, qui abrite aujourd’hui les collections du musée départemental de l’Oise. 

Le musée offre depuis 2015 un parcours rénové de ses collections, constituées en grande partie de peintures du XIXe siècle, dont l’immense toile inachevée de Thomas Couture, l’Enrôlement des volontaires, en est le joyau. On y trouve également une riche collection de céramiques, témoins de l’importance du travail de l’argile sur le territoire du Beauvaisis et du Pays de Bray voisin.

Cerise sur le gâteau, le musée propose régulièrement des expositions temporaires et des animations (notamment à destination des enfants), et participe à la Nuit des musées. 

Entrée gratuite.

Pour en savoir plus : mudo.oise.fr

La Maladrerie Saint-Lazare

Il faut s’éloigner du centre ville pour trouver le troisième joyau de Beauvais. Un peu à l’écart du quartier Voisinlieu, la Maladrerie Saint-Lazare constitue un exemple remarquable de l’architecture hospitalière des XIIIe et XIVe siècles. L’ensemble de bâtiments a accueilli tour à tour lépreux et pestiférés avant « d’élargir sa clientèle » aux indigents de la ville. La chapelle, la grange et le logis datent de cette époque.

Le destin de la léproserie bascule à la Révolution française, où elle est vendue comme bien national. La léproserie devient une ferme, avec pour conséquence la construction de nouveaux bâtiments dans son enceinte et d’un aménagement conséquent de la chapelle, reconverti en hangar agricole. 

Aujourd’hui dans le giron de la communauté d’agglomération du Beauvaisis, la Maladrerie bénéficie d’un vaste programme de restauration et de valorisation, au point de devenir un haut lieu de la vie culturelle de la ville. Le lieu accueille moultes animations, notamment autour de son jardin d’inspiration médiévale, inauguré en 2010. 

La Maladrerie se visite librement, mais propose également des visites guidées thématiques et même deux concepts originaux avec SonoPluie, qui vous plongera dans l’intimité de ce lieu à travers des témoignages de Beauvaisiennes et de Beauvaisiens sur leur rapport au monument (compter 2 heures), et des stages « Yoga et patrimoine » pour une approche toute en zénitude.

Pour en savoir plus : maladrerie.fr

Et pour d’autres idées de balades dans les Hauts-de-France, c’est par ici

AuthorDelphine

One reply to Non, il n’y a pas qu’un aéroport à Beauvais !

  1. J’habite dans la région pourtant je ne suis jamais allé voir la cathédrale. L’horloge astronomique est magnifique ! Il faudra que j’aille y faire un tour avec les enfants ! 🙂

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